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La réformation et la numismatique du roi Soleil

Le 30/08/2023 par Erwan PONTY dans "Numismatique"

Cette semaine Godot & Fils vous propose une sélection de monnaies réformées du roi Louis XIV. Procédé monétaire, et considéré comme une des spécificités numismatiques de l’Ancien régime, découvrons par-là ce qu’est une réformation.

En numismatique, une réformation est une pratique qui vise à se servir d’anciennes pièces pour en frapper des nouvelles. C’est un procédé destiné à économiser du métal tout comme les coûts de refonte. En soi, une réformation est une dévaluation de la monnaie. Confronté à des problèmes financiers graves et pour renflouer les caisses de l’État, le cours des monnaies était surélevé, de ce fait ce qui représentait une opération fructueuse pour le roi. Ce dernier ordonna par la suite l’échange forcé d’espèces anciennes contre des nouvelles, de mêmes poids et de mêmes titres mais de types différents et de valeurs accrues. 

Ainsi, le 15 décembre 1689, un édit fut enregistré à la cour des Monnaies de Versailles mettant en place une réforme monétaire qui prescrit aux sujets du royaume de rapporter leurs espèces aux hôtels des monnaies. L’opération était exclusivement justifiée par l’assèchement du numéraire provoqué par la guerre : le roi y reconnaissait « les sommes considérables que nous sommes obligés de faire voiturer (...) sur nos frontières pour la subsistance des armées et pour la fortification des places » (Édit du roy pour la fabrication de nouvelles espèces d’or et d’argent et la réformation de celles qui ont cours à présent, Versailles, décembre 1689. AN, Z1b 96 et MP, ms 4o 182 Paris, F. Léonard, 1689). 

 

 

Pourquoi la réformation ?

Des mutations monétaires semblables étaient fréquentes dans les dernières années du règne de Louis XIV, cela s’explique par plusieurs raisons qui minaient les finances de la monarchie.

En effet, Grand monarque européen belliciste, les finances de l’Ancien régime et du roi soleil ont été très affectées par les guerres du souverain et ses appétits de conquête (guerre de Hollande 1672-1678, guerre de la ligue d’Augsbourg 1688-1697 ou encore guerre de succession d’Espagne 1701-1714).

Outre les guerres, la révocation de l’édit de Nantes et les conflits religieux ne vont pas arranger les choses, la fuite des capitaux protestants affectant le royaume. Enfin il faut ajouter les séries de mauvaises récoltes.

 

 

Les différentes monnaies réformées 

La réformation est facilement visible sur les monnaies, généralement on peut observer un chevauchement plus ou moins important des effigies et des légendes. La nouvelle frappe n’effaçait pas totalement l’ancien type, empreinte, bien souvent on peut réussir à deviner l’ancienne monnaie sous la nouvelle. La sélection des pièces qui suit  en est une bonne illustration :

Pour conclure, de tels procédés monétaires étaient fréquents dans la fin du XVIIème siècle, au final entre 1690 et 1726 il  y aura eu 6 réformations. On estime par exemple qu’entre 1690 et 1693, 465 millions de livres d’espèces furent produites par les différents ateliers monétaires du royaume d’après l’ état général  final du Contrôle général (AN, G7 1392, dossier IV).

Également, le roi gagna 34 millions sur cette masse produite. 

De plus, l’état de guerre couplé aux finances chaotiques de la monarchie commande de trouver les fonds nécessaires pour la financer. La fiscalité habituelle ne suffisant plus elle renoue avec une pratique honnie : les mutations monétaires largement en usage à l’époque médiévale par exemple.

Par conséquent, cette technique avait pour inconvénient de rendre visible à tous la dépréciation de la monnaie, affectée par les dévaluations successives voulues par la couronne. Il est donc inutile de dire que ces pratiques étaient grandement impopulaires, ces dernières prirent fin en 1726 avec une grande réforme monétaire, cependant l’État était demeuré surendetté jusqu’à l’ouverture des États généraux en 1789.


Par Erwan PONTY

Récemment diplômé au sein de l'Université Paris Sorbonne, ce dernier a obtenu deux masters en Histoire et en archéologie spécialité numismatique sur la Grèce antique, sous la direction de Marie-Christine Marcellesi. Il travaille depuis peu chez Godot et Fils à l’agence mère au 26 rue Vivienne 75002 Paris en qualité de numismate. Depuis 2023, il est membre de la Société Française de Numismatique.


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